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dimanche 22 janvier 2012

L'invasion de la Syrie est planifiée! (enfin virtuellement)

Les Jeux vidéos ont aujourd'hui une place de choix dans l'espace culturel mondial. Le jeu Call of Duty Modern Warfare 3 est ainsi devenu le produit culturel le plus rentable lors de sa sortie avec près de 9,3 millions d'unités vendues (6 millions avaient été pré-commandées). L'impact est donc grandissant sur la société comme le démontre également les réactions occasionnées par la sortie d'un jeu vietnamien 7554 repéré par Marsattaqueblog sur twitter avant de faire les titres de quotidiens plus huppés. Dans ce jeu, vous faites partie du Viet-minh et le but est d'éliminer un maximum de soldat français. Plutôt surprenant, lorsque depuis des années l'ennemi appartient à l'Axe, est Soviétique voire Vietnamien. Faut-il y voir un nouveau signe d'une "desoccidentalisation" (pas très heureux comme néologisme)? Pourquoi pas mais ce qui est sûr c'est que, pour ce type de jeu de guerre, l'inspiration géopolitique reste primordiale et l'imagination des concepteurs s'avère parfois surprenante, à la limite de la prémonition.


Combat Mission: Shock Force "The Syrian Invasion" en est une démonstration. Paru le 27 juillet 2007, ce jeu de stratégie (combat tactique au tour par tour) met en scène l'invasion de la Syrie par l'armée américaine. L'enjeu diffère quelque peu de la situation actuelle puisque le motif de l'action est de lutter contre le terrorisme, mais la problématique tactique reste identique et le jeu permet d'appréhender une opération moderne en milieu essentiellement désertique et urbain.


A la tête soit de la brigade de l'US Army Stryker, soit d'une brigade du corps expéditionnaire des Marines ou encore d'une task force composée par le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas vous vous engagez dans un pays disposant d'une armée équipée - certes par de l'armement de l'ère soviétique - et entraînée. Les T-72 et les forces spéciales syriennes posent rapidement des problèmes notamment en zone urbanisée et les casse-têtes tactiques se succèdent les uns aux autres. La capacité des armes utilisées est, semble-t-il, bien restitué ce qui contribue à l'aspect réaliste.

BRDM2-ATGM
 
L'expérimentation de ce jeu permet vite de comprendre la "frilosité" occidentale pour s'engager en Syrie, contrairement à la Libye, du point de vue tactique tout du moins. Deux points développés dans le jeu reflètent également les nouvelles caractéristiques des conflits modernes:
  • Tout d'abord, la présence d'IED (improvised explosive devices) le long des itinéraires est un héritage du conflit irakien. Plus difficile à détecter que le minage traditionnel et d'un coût très faible, c'est une véritable entrave à la liberté de mouvement. 
  • L'autre point c'est la prise en compte d'une task force multinationale pour cette opération d'invasion. En effet, et même si la coalition est à forte coloration américaine, le jeu pointe du doigt l'incapacité pour quelque nation que ce soit d'agir seule dans un conflit de ce type.

Carte livrée avec le jeu: Yapluka!

Précis, doté d'une intelligence artificielle de bonne qualité, Combat Mission: Shock Force pourrait être un bon outil de préparation intellectuelle pour tout état-major. Cette plateforme pourrait permettre, de manière ludique, la confrontation des choix tactiques pour en vérifier la faisabilité à l'instar de la phase de "wargaming" dans la conception des ordres. Néanmoins, comme le rappelle le colonel Goya sur son blog, il est nécessaire que les mentalités évoluent pour considérer un tel outil comme utile.

Le site officiel du jeu:
http://www.battlefront.com/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=31&Itemid=80;

mercredi 10 août 2011

The Pacific versus Band of Brothers

Dimanche 14 août, France 2 diffuse pour la première fois (sur une chaîne non cryptée) la série événement produite par les célèbres Tom Hanks et Steven Spielberg, The Pacific. A cette occasion, elle est d'ailleurs re baptisée : Band of Brothers: l'enfer du Pacifique afin de souligner la parenté avec son illustre aînée. Cette dernière, réalisée il y a près de dix ans, avait connu un grand succès dans la plupart des pays où elle fut diffusée.



Du grand spectacle pour petit écran

Si Band of Brothers suit la Easy company unité américaine appartenant à un régiment de la célèbre 101ème airborne sur le front européen de la deuxième guerre mondiale dès l'opération Overlord, The Pacific, comme son nom le laisse présager, décrit le quotidien de quelques marines en Asie après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais. S'appuyant sur les témoignages des vétérans et richement doté - la série aura coûté 150 millions de Dollars US - ce programme assure le spectacle et les histoires personnelles sont suffisamment poignantes pour que l'on s'attache aux personnages.

 D'île en île

Néanmoins, je n'ai pas retrouvé le même plaisir qu'avec Band of Brothers. L'absence d'effet de surprise comme à la sortie de la première série, une connaissance moindre du théâtre d'opération ont sans doute contribué à ce sentiment. Cependant, au delà d'une éventuelle faiblesse scénaristique, la campagne du Pacifique, pour sa partie terrestre, semble avoir été menée d'une manière beaucoup plus linéaire que le front européen. En effet, le corps expéditionnaire composé en grande partie par les Marines a été confronté à un environnement et un climat particulièrement difficiles, sans accalmie possible bien au contraire - à la différence d'une Europe au quatre saisons marquées - Cet environnement est constitué quasi exclusivement d'îles qu'il faut conquérir une par une pour s'approcher de l'archipel Japonais et assurer un lien logistique particulièrement complexe. Chaque fois, c'est donc le même scénario qui se répète: un débarquement - opération toujours risquée et coûteuse en vies humaines - puis une lutte féroce pour déloger l'ennemi plus adapté aux conditions locales et dont l'acharnement est aujourd'hui légendaire.

La série rend bien compte de cette succession de combats ce qui la rend quelque peu répétitive et qui a sans doute contribué à sa baisse d'audience tout au long de sa diffusion aux Etats-Unis notamment. Quoiqu'il en soit et même si je considère l'intérêt télévisuel moindre que Band of Brothers, ce programme de qualité met à l'honneur des hommes et des femmes qui ont tout donné pour leur pays, ils ont donc valeur d'exemple dans une société qui semble en manquer terriblement.