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samedi 8 octobre 2011

Les Simpsons instigateurs (malgré eux?) du French-bashing* menacés

La nouvelle a défrayé la sphère médiatique depuis près de deux jours: La série autour de la famille Simpsons  pourrait ne pas être reconduite par Foxnews. A l'idée de ne pas voir de nouvelles péripéties du fantasque Homer et de son fils Bart, bon nombre de Français risquent d'éprouver un grand vide télévisuel tant leur popularité est importante dans notre pays.


Mais parmi nos compatriotes combien savent que c'est une réplique issue de ce dessin animé qui sert encore aujourd'hui à exprimer la détestation de la France (plus exactement de ses habitants) par les Américains. En 1995, l'un des auteurs de la série avait décrit les français comme étant  des "chease-eating surrender monkeys" que l'on pourrait traduire sobrement par les singes capitulards mangeurs de fromage. L'intention de ce scénariste n'était sans doute pas de porter un jugement mais plus de faire un bon mot dans une série qui est souvent caustique.

Ralliement francophobe

Cette image peu flatteuse fut donc reprise avec beaucoup de force en 2003 lorsque la France refusa de s'engager au côté des Etats-Unis dans la guerre contre l'Irak et c'est le journaliste Jonah Golberg du National Review qui s'en est emparé pour montrer sa désapprobation. Il n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai puisqu'en 1999, il avait déjà publié les 10 bonnes raisons pour détester les Français dont notamment le fait que nous ayons laissé les Allemands prendre Paris sans tirer un coup de feu. Sa campagne de dénigrement a tellement bien fonctionné, les Américains étant déçu de ne pas nous voir avec eux dans ce conflit irakien, que l'expression est rapidement devenue un "cliché journalistique". Et celui-ci à la vie dure car l'image est régulièrement reprise comme lors de la mort d'Oussama Ben Laden, les Français étant accusé d'avoir critiqué la joie des Américains à l'annonce du décès du leader d'Al-Qaida. Au pays roi du capitalisme, vous pouvez d'ailleurs acheter sur internet différents objets arborant la caricature initiée par les Simpsons.


Dernière nouvelle, le site de CBS annonce que la série est reconduite pour au moins deux ans, l'occasion d'aller boire une bière avec Homer (et avec modération) et de se montrer fair-play (surtout en ce jour de victoire contre l'Angleterre en coupe du monde de rugby).

* dénigrement des Français

jeudi 25 août 2011

Embed with Michael Yon*

*Intégrer avec Michael Yon
Michael Yon

Certains métiers ont l'étrange faculté de faire briller les yeux des enfants. Si initialement, pompier ou pilote de chasse ont la primauté, avec un peu plus de maturité, le reporter de guerre retient toute leur attention. A cette évocation, l'esprit se met immédiatement en branle projetant l'image d'un homme ou d'une femme au visage halé et vêtu d'une tenue proche de celle du combattant avec cette veste pleine de poches lui permettant de transporter ses "munitions", pellicules et objectifs. L'appareil photo au point, il est au plus près des combats, rendant ainsi tangible par ses images  une guerre qui nous paraît souvent si lointaine. Mais l'aventure a un prix parfois élevé comme nous le rappelle le mémorial dédié à cette profession. Erigé par la ville de Bayeux, il recense tous ceux tombés dans l'exercice de leur métier de journaliste.

Ecrivain et béret vert

C'est un peu par hasard que je suis arrivé sur la page Facebook de Michael Yon mais rapidement, j'ai pris plaisir à suivre ses pérégrinations de reporter. Gravitant dans un univers un peu fantasmé par le commun des mortels, ses images et ses commentaires m'ont aussitôt marqué par leur authenticité et leur sincérité m'incitant à m'intéresser davantage au personnage.

Ecrivain et photographe américain, Michael Yon est un journaliste free lance. Ne travaillant officiellement pour aucun média, la poursuite de ses activités est rendue possible essentiellement par les dons de ses lecteurs. Après ses deux premiers livres, Danger Close et Moment of Truth in Iraq, il vient de faire paraître Iraq,Inside the Inferno 2005-2008. Il tient également un blog qui a déjà été récompensé à plusieurs reprises pour sa qualité: Best military blog 2007 et 2008 weblog awards.
Pourtant rien ne semblait le destiner à cette carrière puisque dès l'obtention de l'équivalent du baccalauréat aux Etats-Unis, il s'engage dans l'armée. Il est ainsi un des plus jeunes à réussir le processus de sélection des célèbres bérets verts. Il quitte cependant l'institution militaire en 1987 pour pratiquer différents métiers notamment dans la sécurité - il fut chargé pendant un temps de celle de Michael Jackson - et pour voyager. C'est la mort de deux amis proches en Irak qui l'incite à se lancer dans l'écriture pour tenter d'expliquer ce conflit.


Major Bieger and the little girl

Un caractère bien trempé

Son parcours atypique a indéniablement un impact sur la façon dont il conçoit son métier. Fort de son expérience dans les forces spéciales, il n'hésite pas à se rendre seul sur les territoires les plus exposés, il était encore au début de cette année en Afghanistan. Mais sa spécificité réside dans sa volonté d'être régulièrement intégré aux unités de terrain. Le New York Times précise qu'en 2008, il est celui qui aura passé le plus de temps au côté des soldats américains en Irak. Cette intégration ne limite en rien ses observations comme pourraient le penser certains esprits chagrins. Bien au contraire, il conserve une liberté de ton qui parfois lui ferme les portes. Il n'hésite pas à mettre en cause la haute hiérarchie militaire lorsqu'il l'estime défaillante. Il s'est ainsi confronté violemment au brigadier général  Ménard alors responsable de la zone d'opérations canadienne en Afghanistan mais aussi au général Mc Chrystal ancien chef de l'ISAF. De l'autre côté, il se montre extrêmement élogieux pour le général Petraeus qu'il estime très compétent. Adepte du journalisme citoyen, ses considérations personnelles affectent sans aucun doute son écriture mais il assume ce parti pris, il ne ressent ainsi aucune honte à se montrer partial avec les troupes.

à l'intérieur d'un Chinook

Oui, Michael Yon est droit dans ses bottes, on n'est pas toujours d'accord avec ses déclarations, mais quel plaisir à suivre ses reportages dans le feu de l'action, de lire ses compte-rendus sans y voir la moindre arrière pensée mercantile. A défaut de comprendre les considérations stratégiques des confits qu'il couvre, il nous donne la meilleure image possible du vécu quotidien des troupes et de leur action tactique, au point que l'on sentirait presque la poussière afghane et la montée d'adrénaline lors des combats avec les insurgés.
Alors n'hésitez plus embarquez vous avec Michael au coeur de la mélée!

N.B.: Photos réalisées par Michael Yon et reproduites pour ce billet avec son aimable autorisation, qu'il en soit sincèrement remercié.

sources: